1983
Un homme, une entreprise

Tout commence en 1983…

La stratégie voulue par Henri-Claude OYIMA – son credo – tient en quatre directives : le développement international, la croissance, la rentabilité et la recherche permanente de l’excellence.

C’est en 1983 que le jeune Gabonais rejoint la Banque de Paris et des Pays-Bas. Il était alors en formation à Athènes pour le compte de Citibank qui l’avait recruté peu de temps auparavant à Washington DC sur le campus de l’American University dont il est master en développement bancaire. Citibank recherchait à l’époque des cadres africains, gabonais en particulier, pour travailler à Libreville. Cette nouvelle démarche répondait à une décision du gouvernement gabonais de l’époque de favoriser la capacité d’emploi des gabonais et, partant, de placer à la tête des banques installées au Gabon, un
directeur général de nationalité gabonaise.

Deux années de stages et de formation à la Banque de Paris et des Pays-Bas conduisent le jeune stagiaire à Paris, Marseille, Cannes, en Egypte et à Londres avant de rentrer au pays, au poste de directeur général adjoint de la Banque de Paris et des Pays-Bas Gabon. Il prend en charge, pendant six mois, la direction de l’agence de Port-Gentil. Et le 25 juin 1985, il rejoint le siège de la banque à Libreville au titre d’administrateur-directeur général. Le nouveau patron a 29 ans.

Depuis 2003, Henri-Claude Oyima est également président de la Confédération patronale gabonaise créée en 1978. De là à évoquer une influence du banquier sur son environnement ?

«  Non, je refuse de m’impliquer directement et volontairement dans des processus d’orientation de décisions qui sortent de mes sphères de compétence. Mon influence éventuelle ne peut être qu’indirecte par le rayonnement de mon entreprise sur la scène économique nationale et internationale. »

Quant à sa parenté avec le président de la République gabonaise ? « Elle sert, bien sûr… mais à quoi bon l ’utiliser ? Ce serait faire preuve de faiblesse. Le dirigeant d’entreprise doit être reconnu pour ce qu’il est et non par le fait de ses relations avec telle ou telle personnalité. De même, le choix du développement de BGFIBank et de son expansion dans la sous-région relève de la seule décision économique, en dehors de touteconsidération ou influence politique. »

Avril 2000
« L’ouverture de notre première succursale hors du Gabon, à Brazzaville, répond à notre ambition d’être leader en créant un groupe financier solide et de premier ordre ayant ses centres de décision au Gabon, capable de contribuer au développement des entreprises. Le groupe BGFI s’est résolument tourné vers l’avenir avec son organisation par métiers, en alliant puissance, effi cacité, dynamisme et imagination pour mieux servir ses clients.»

Avril 2010
La vision qu’avait l’administrateur-directeur général dix ans plus tôt est devenue réalité… Le groupe entre dans une nouvelle dimension.  « C’est un développement exceptionnel que vit le Groupe BGFIBank dont le nom s’affiche désormais comme une marque forte dans le paysage bancaire africain. »

Dans sa carrière, tout est concours de circonstances, hormis le fait que, dès ses études, il savait qu’il voulait devenir banquier.

Il y eut tout d’abord un événement marquant : la sortie de Paribas du capital de sa banque. « Ç’aurait pu être une catastrophe ; ce fut pour moi un élément catalyseur. De négatif par nature, l ’événement est devenu un élément positif, une opportunité de développement à saisir. Le reste est une succession de bonnes fortunes. »

Encore faut-il savoir exploiter les atouts de la fortune, ce que réussit à faire
avec bonheur le patron du Groupe BGFIBank dont les règles de management tiennent en six mots qui ont fait la force du groupe au cours de ces dernières années : responsabilité, équité, intégrité, transparence, tolérance et excellence. Et depuis peu, la culture d’entreprise du Groupe BGFIBank se concentre sur cinq mots clés : travail, intégrité, transparence, responsabilité et esprit d’équipe.

« Ce sont les valeurs que je cultive et que je veux faire partager à tous ceux qui veulent me suivre. »

Y parviennent-ils tous ?

«  Vous connaissez le principe des 80/20. Si 80% de vos collaborateurs vous suivent, les 20% restant emboîtent le pas avec plus ou moins de bonheur. C’est normal. La proportion inverse aboutit à une catastrophe en termes de management. Aujourd’hui, je peux affi rmer que plus de 80% des membres du personnel du groupe me suivent, aussi bien cadres qu’employés.  Je suis très proche de mon personnel qui me le rend bien. Une sorte d’osmose s’est installée entre nous. Je connais pratiquement tout le monde, je circule dans le groupe, les gens me connaissent, je ne hiérarchise pas mes rendez-vous. »

Et pourtant, ses proches collaborateurs qualifi ent leur patron – avec l’humour qu’autorise le respect – de « despote éclairé ».

«  Je le conçois positivement et c’est perçu ainsi. J’ai foi en ce que je fais. La culture africaine – mais est-ce la seule ? – a besoin du chef. Partout où l’autorité du chef est contestée, l ’organisation fonctionne mal. Dans toute entreprise de par le monde, il faut un leader qui donne les grandes orientations stratégiques et qui soit accepté par tous. Bien entendu, les actes que je pose en tant que dirigeant doivent non seulement être connus, mais peuvent et doivent être contrôlés. C’est une sécurité pour l’entreprise, surtout lorsqu’il s’agit d ’une banque. De toute façon, prendre une décision n’est jamais que la résultante d’un travail d’équipe. »

Partant de là, l’ambition se décline à tous les temps.

«  Je veux faire de cette entreprise un groupe f inancier puissant, capable de créer de la richesse, de réussir dans cette partie du monde et d’apporter ainsi sa contribution à l’économie. Cette ambition est désormais collective ; chacun des 1000 membres du personnel qui veut la partager par son travail trouvera sa place dans le développement de l’organisation. »

Henri-Claude OYIMA, Président Directeur Général du Groupe BGFIBank

Aussi le message de l’administrateur-directeur général du Groupe BGFIBank à l’attention des jeunes diplômés africains est on ne peut plus clair.

«  Il faut d’abord qu’ils n’aient pas peur de rentrer en Afrique, chez eux. Car l’Afrique ne se développera pas par les autres, mais par nous ! Ce n’est pas tout d’émettre de loin des critiques stériles ; encore faut-il venir apporter sa pierre à l ’édifi ce de la construction africaine. Qu’ils apportent leurs compétences, le savoir-faire acquis à l’extérieur… mais qu’ils n’exigent pas en même temps que soit déroulé devant leurs pieds le tapis rouge des honneurs. Car dans ce cas, ils ne réussiront pas. Par contre, tout devient possible à qui veut bien faire ses preuves. Et comme chez nous, tout est à construire… »

De là à rêver à une Afrique prospère ?

« Tout est à faire dans le continent. Mais il faut tout d’abord surpasser les égoïsmes nationaux, casser les barrières économiques pour s’ouvrir sur un continent multiculturel, multiethnique, à l ’instar du multiculturalisme que nous favorisons au sein du Groupe BGFIBank. Les ambitions partisanes des uns et des autres ne peuvent pas remettre en cause ce que nous avons acquis jusqu’à présent. Nous devons mettre rapidement en place ce processus car imaginer qu’il faudra encore une génération pour sortir l’Afrique du sous-développement revient à ne rien faire, à reporter le problème sur nos enfants. Les Africains doivent retrousser leurs manches ; nous avons besoin de pionniers, de bâtisseurs… des locomotives et non pas des wagons ! »

Dans ce contexte toutefois, le banquier gabonais n’envisage pas pour lui de rôle politique.

« Ce n’est pas mon métier. Les contingences de la politique ne sont tout simplement pas celles de l’économie et de la finance. J’y serais donc confronté à un choc culturel qu’il me serait sans doute difficile de relever. Cela dit je suis gabonais et, à ce titre, serviteur de la République. Si je dois accomplir une mission en marge de la politique de mon pays et qui relève de mon domaine de compétences, je l’accepterai… Mais pour revenir ensuite à ma passion de banquier et de bâtisseur. »