1996-2000
La Transformation en Banque Gabonaise et Française Internationale

En 1996, Paribas est actionnaire minoritaire, détenteur de 43% du capital de Paribas Gabon. La banque française avait progressivement cédé des parts de capital à l’Etat devenu majoritaire 5 ans plus tôt et à des privés gabonais.

En 1997, dans le cadre de sa politique de désengagement au profit du secteur privé, l’Etat gabonais décide de réduire sa participation au capital à 10%. Dans le même temps, eu égard à sa participation minoritaire, Paribas ne souhaite plus apparaître dans la dénomination sociale de la banque qui prend l’appellation de Banque Gabonaise et Française Internationale (BGFI).

Encore fallait-il bien comprendre la stratégie de Paribas et en apprécier à leur juste valeur les risques et les conséquences pour la banque gabonaise.

Henri-Claude OYIMA : « Entre 1996 et 1998, la gestion s’avère difficile. On sent le relâchement du côté de Paribas qui vend ses filiales, entre autres turque, hollandaise et belge, les facilités de trésorerie sont réduites au maximum et il nous est recommandé de rechercher de nouveaux correspondants bancaires. »

En 1998, Henri-Claude OYIMA rend visite à André LÉVY-LANG, président de Paribas, et lui propose de se retirer totalement du Gabon. La rupture définitive est consommée trois mois plus tard…

Henri-Claude OYIMA : « Nous avions au Gabon des amis, entrepreneurs personnes morales et personnes physiques, des relations qui ont cru en
notre projet. Ensemble, nous avons constitué un tour de table pour racheter les parts de Paribas. »

Dans le même temps, BGFI se rapproche du CCF (Crédit Commercial de France) qui devient son banquier correspondant avec lequel elle signe un contrat d’assistance technique, sans jamais entrer dans les liens d’une relation capitalistique.

Groupe BGFIBank, la transformation en Banque Gabonaise et Française Internationale

Le CCF n’était pas présent au Gabon mais connaissait l’Afrique et bénéfi ciait d’un réseau international dans une quarantaine de pays. D’autre part, la banque française avait une culture commerciale proche de celle acquise au fil des ans par BGFI auprès de Paribas : une banque quelque peu élitiste, visant une clientèle de grandes entreprises, de PME performantes et de privés « haut de gamme  ». Le contrat d’assistance technique permettra à la banque gabonaise encore petite à l’époque d’assurer ses arrières en termes de gestion et d’organisation pour pouvoir utilement concentrer ses efforts sur le développement commercial.

Être adossé à un réseau bancaire international de référence s’avère nécessaire pour garder la confi ance des clients et obtenir l’accord de la Commission bancaire sur la nouvelle confi guration du capital.

«  A l’époque, se souvient Henri-Claude OYIMA, les commissions bancaires d’Afrique francophone subsaharienne n’autorisaient pas les banques africaines à exercer leurs activités sans avoir dans leur capital une banque de référence internationale. Heureusement, en la personne du secrétaire général de la COBAC, Adam MADJI, nous avons rencontré un responsable ouvert à la culture du changement, capable de faire confiance davantage aux hommes et à leurs projets qu’aux grandes structures anonymes. »

Trois cadres du CCF sont détachés au Gabon. L’un devient directeur général adjoint, l’autre deviendra directeur général adjoint de la filiale congolaise alors en point de mire et le troisième prend en charge les opérations. Le premier, Bernard PEDEPRAT-LAMECHINOU est aujourd’hui directeur général de BGFI International à Paris, et le deuxième, Eric GUYON, est toujours directeur général adjoint de BGFIBank Congo, en poste à Pointe-Noire. Fait marquant : l’un et l’autre signent en 2000 un contrat avec la banque gabonaise dans laquelle ils trouvent un projet d’entreprise ambitieux et passionnant, à taille humaine. Ils préfèrent le risque d’une belle aventure entrepreneuriale au confort– mais également à l’anonymat– qu’aurait pu leur proposer… HSBC.

Le 1 avril 2000, HSBC, l’un des plus grands groupes de services financiers et bancaires au monde, lance une offre amicale sur le CCF ! L’Afrique ne fait pas partie des préoccupations de cette grande banque internationale qui ne poursuivra pas avec la Banque Gabonaise et Française Internationale, devenue entretemps BGFIBANK, les relations entamées deux ans plus tôt avec le CCF.

Les liens ne sont pas rompus du jour au lendemain, mais l’administrateur directeur général et son équipe reprennent leur bâton de pèlerin en quête de nouveaux correspondants bancaires sans lesquels il est impossible de dénouer les opérations financières internationales des clients. Suivront des accords de relations commerciales avec la banque Belgolaise et la BRED (Banque Populaire).

Groupe BGFIBank, 40 ans d'Histoire

Deux ans et demi séparent ces deux articles : avril 1996 – novembre 1998.

BGFI TERMINE LE XX SIÈCLE EN BEAUTÉ.

Certes le retrait de Paribas aura été un moment diffi cile… BGFI a-telle les reins suffisamment solides pour faire face à ses engagements et conforter l’épargne de ses clients sans un actionnaire bancaire de référence internationale ? La fiabilité des actionnaires privés est-elle certaine ? Autant de questions que de rumeurs circulaient à Libreville… jusque dans les taxis.

La confiance ne fut pas longue à rétablir.

Henri-Claude OYIMA : «  Nous étions désormais maîtres chez nous, le centre de décisions était à Libreville, nos dossiers ne devaient plus monter à Paris pour se voir refuser faute d’une bonne connaissance du terrain par les instances parisiennes et d’une proximité avec le client. Nous avons gagné en flexibilité, en réactivité et en rapidité. Notre force commerciale a pu enfin donner la pleine mesure de ses talents. »

Fin 1999, et malgré une conjoncture défavorable due à l’eff ondrement des prix du pétrole et à la crise dans les secteurs forestier et du BTP, BGFI affiche un total de bilan de plus de 119 milliards de francs CFA, en hausse de près de 5% par rapport à l’exercice précédent, en croissance de 34% en 4 ans.

«  Avec ces résultats, BGFI s’affirme comme un partenaire f inancier de référence. Notre objectif principal étant la croissance, nous avons décidé de bâtir un réseau de distribution en toute indépendance facilitant le développement national et international ». Tel  est le message de l’administrateur-directeur général à l’aube du XXI siècle. Le 17 mars 2000, la Banque Gabonaise et Française Internationale officialise sa dénomination sous l’appellation désormais simplifi ée de BGFIBANK et amorce son développement international.

« Nous étions désormais maîtres
chez nous, le centre de décisions était
à Libreville, nos dossiers ne devaient
plus monter à Paris… »

Groupe BGFIBank, la transformation en Banque Gabonaise et Française Internationale
Groupe BGFIBank, la transformation en Banque Gabonaise et Française Internationale